Ma difficulté à entrer dans le Présent tient au fait que ce que j’appelle habituellement « ma vie » ne s’y trouve pas. Ma biographie et ses moments fondateurs, mon corps, mes gouts, mes opinions, mes croyances, mes apprentissages, mes savoirs, mes compétences, mes projets, mes rêves et mes aspirations ne s’y trouvent pas. Entrer dans le Présent, c’est donc faire le deuil de « ma vie » pour naître à la Vie.

Ma difficulté à entrer dans le Présent tient donc ensuite au fait que, à mesure que je m’en approche, « ma vie » se sent menacée, panique, se débat, trouve des ruses pour me ramener bien en sécurité dans le souvenir de qui j’ai été jusque là (le souvenir du passé), de qui je crois être aujourd’hui (le souvenir du présent) et de qui je veux être demain (le souvenir du futur).

« Ma vie » lutte et se débat car elle sent que, en marchant vers le Présent, je la mène à l’abattoir.