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« La mort? C’est un passage! » dit-il, l’index pointé vers le ciel, avec cette dernière phalange manquante, comme déjà passée de l’autre côté.

C’est la vie qui est un passage, cette vie humaine, cette courte histoire, à peine un roman, tout juste une nouvelle dans l’éternité.

Naître, c’est partir. Mourir, c’est revenir.

Naître, c’est quitter. Mourir, c’est retrouver.

Quitter et retrouver, à chaque instant, l’Eternité.

La vie humaine c’est comme un long voyage en train. On ne fait rien, on attend, on se sourit, on a des bouts de discussions avec des compagn·e·on·s de route ou des inconnu·e·s, on se lève de temps en temps pour s’étirer, aller aux toilettes, manger un bout, passer un coup de fil. Puis on se rassoit, on lit un bout de magazine, quelques pages d’un roman, on regarde filer le paysage et nos pensées.

Tout à la fois immobiles et filant à toute allure. Le train allant aussi vite que nous soyons sereins ou impatients. Il arrivera à la même heure que nous dormions dans ses couchettes où que nous courrions dans son couloir. Il arrivera, d’où il est parti : l’Eternité. L’Eternité qu’il n’a jamais quitté, tout immobile qu’il est en filant à toute allure.